Là où vivent les loups

Laurent Guillaume

Denoël

  • par (Libraire)
    19 juillet 2018

    Avec Priam Monet, on part en montagne, à Thyanne, où il va inspecter la vie quotidienne d’une brigade de police proche de la frontière. Dans la vie réelle, on pourrait penser à Névache, en-dessous du col de l’Échelle, par où sont passés de nombreux migrants. Mais voici qu’au pied d’une falaise, on trouve un cadavre qui n’est pas un migrant. Monet prend l’enquête en main en s’adjoignant une jeune policière, Claire, une native de la commune qui la connaît bien, pense-t-elle…
    Monet n’est pas un personnage sympathique, il est le plus souvent bougon, peu intéressé par la fréquentation de ses semblables. Il ne se soucie pas du tout des répercussions que son choix peut avoir sur la vie de Claire. Pourtant, le duo improbable qu’il forme avec elle va se montrer perspicace et d’une grande efficacité. Monet a du flair et Claire est déterminée à aller au bout de l’enquête.
    Dans cette petite ville de montagne, tout le monde se connaît et a quelque chose à cacher. Car il y a un industriel qui possède un important négoce de bois, des entreprises, un bar... et qui tient beaucoup de monde à sa botte, parce qu’il a les moyens de soudoyer, de sortir des gens d’une mauvaise passe. Que ce soit le garde-forestier ou les flics…

    Un roman policier de bonne facture, avec une intrigue qui se déroule implacablement, une atmosphère de ville de montagne bien décrite et réaliste, des personnages qu’on pourrait croiser dans la vie courante, très réalistes, ce qu'il faut de rebondissements et de surprises.
    A fin, Monet est devenu plus sympathique au lecteur qui finit par avoir un peu de mal à se détacher de ce duo de flics !

    Laurent Guillaume connaît bien le monde de la police. Il a commandé une unité mobile de sécurité spécialisée dans l’anti-criminalité et les violences urbaines. Il est ensuite devenu consultant international en lutte contre le crime organisé dans des pays d’Afrique. " Là où vivent les loups" est son neuvième roman .


  • par
    8 juillet 2018

    Priam Monet, presque deux mètres de haut et plus de 150 kilos, d'humeur invariablement de chien, misanthrope, commandant à l'IGPN -la police des polices- détestant être loin de Paris, débarque à Thyanne, vallée perdue des Alpes, pour faire un audit de la police locale. Bien accueilli par Claire, jeune flique sympathique, mariée à un garde forestier, deux enfants. Lorsqu'un migrant est retrouvé au bas d'une falaise, mort, seul Priam comprend qu'il ne s'agit pas d'un accident. En tant qu'ex de la crim', la substitut du procureur lui donne la direction de l'enquête.

    Tout pour plaire, ce Priam : son physique, sa misanthropie, sa quasi perpétuelle mauvaise humeur. Les mots les plus usités au début de l'ouvrage sont "il déteste", "il n'aime pas", c'est presque un inventaire. Enfin, un héros qui sort de l'ordinaire. Je sens que je vais me régaler. Et ça commence très fort. Antipathique et attachant, Priam s'accorde les grâces de Mona, la fillette de Claire, sa collègue, qui n'a pas la langue dans sa poche. Le duo Claire/Priam fonctionne parfaitement et Laurent Guillaume évite le piège de la fliquette qui apprend tout du super commandant ; chacun y va de ses bourdes, mais aussi de ses réflexions et recherches qui font avancer l'enquête.

    Les personnages sont fouillés, travaillés et le contexte géographique et économique entre en interaction avec leurs rôles, leurs attitudes : Priam que rien ne lie au lieu n'hésite pas à donner un coup de pied dans la fourmilière -même si lorsque c'est Mona qui lui en montre une vraie, devant la petite, il n'ose pas- lorsque Claire, habitante du lieu, hésite ; ne veut pas se mettre à dos les gens qu'elle connaît depuis longtemps et avec lesquels elle continuera de vivre après l'enquête. La montagne est très présente, l'ambiance, presque un huis-clos dans cette vallée, pas vraiment joyeuse. L'air est lourd. Le romancier, ex-flic, décrit très bien cette atmosphère tendue, sous pression qui joue pour beaucoup dans l'absolue nécessité de tourner les pages vite sans pour autant en rater une seule.

    L'intrigue tient la route ,même si l'on peut se douter assez vite du rôle de certains ; c'est le huis-clos qui veut cela, mais des détails qui s’avéreront n'en être pas forcément viendront ajouter du piment et du suspense. Jusqu'au bout, j'ai lu avec plaisir et avidité. Le ton adopté par Laurent Guillaume y est aussi pour beaucoup. Priam a un langage fleuri, son côté ours parisien se heurte à tout ce qu'il voit et à ceux -et surtout celles : Claire, Mona la petite fille et Marie la journaliste- qu'il rencontre et qui l'humanisent un peu. Ce polar tourne admirablement bien et c'est une divine surprise, de celle qui, lorsqu'on ne s'y attend pas -c'est le principe de la surprise-, laisse un goût de revenez-y -et oui, je verrais bien Priam revenir dans une autre aventure -c'est dire si j'ai aimé-, et surtout de "mais-pourquoi-c'est-déjà-fini ?". Et pourtant, 300 pages, j'ai pu en profiter, n'est-il pas ? Oui, mais j'aurais bien pris du rab, comme Priam lorsqu'il est à table...


  • par (Libraire)
    22 juin 2018

    Dans « Là où vivent les loups », Priam Monet, le personnage principal, est un flic de l’IGPN, la « police des polices ». Il débarque dans un petit poste de police à la frontière entre les Alpes françaises et italiennes pour y faire une inspection de routine. Mais lorsque le corps d’un migrant est découvert en forêt, Priam Monet se voit chargé de l’enquête, du fait de son expérience en brigade criminelle. Appelé sur les lieux, deux évidences sautent aux yeux du commandant : d’une part, l’homme n’est pas un migrant et d’autre part, il n’est certainement pas mort par accident. Mais comme il n’est pas évident de délier les langues lorsqu’on est étranger à une communauté très conservatrice, Priam Monet se fera épauler par Claire Mougel, une jeune policière de la vallée avide de faire ses preuves. Et bien qu’il se considérât comme un flic déchu et désabusé, le commandant redeviendra rapidement l’enquêteur perspicace et entêté de ses débuts.

    Comme Olivier Norek et Pierre Pouchairet, Laurent Guillaume est lui-même un ancien policier. Par conséquent, ses romans sont ancrés dans le réel et surtout, crédibles. Priam Monet a une forte carrure, un caractère bien trempé. Il y a sûrement une grande part de l’auteur dans son personnage. « Là où vivent les loups » est son huitième roman, ne tardez pas à le découvrir !