À monde nouveau, nouveaux musées, Les musées, les monuments, et la communauté réinventée
EAN13
9782754112413
ISBN
978-2-7541-1241-3
Éditeur
Hazan
Date de publication
Collection
Catalogues d'exposition
Nombre de pages
224
Dimensions
21 x 14 x 1,5 cm
Poids
380 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
S'identifier

À monde nouveau, nouveaux musées

Les musées, les monuments, et la communauté réinventée

De

Hazan

Catalogues d'exposition

Offres

Publication officielle des cinq conférences données les 15, 18, 22, 25 et 29 novembre 2021 au musée du Louvre, par Neil MacGregor, membre du conseil scientifique du musée du Louvre, ancien directeur de la National Gallery et du British Museum à Londres, ancien directeur fondateur du Humboldt Forum à Berlin, à l’occasion de nouvelle édition de la Chaire du Louvre. Chaque année, un historien de renom présente à l’Auditorium du musée du Louvre une synthèse inédite sur un sujet original, qui permet des rapprochements transdisciplinaires entre des oeuvres du monde entier. Les grandes questions politiques s'invitent désormais dans les débats culturels. Quel rôle pour nos musées - et pour les monuments - dans ces tentatives visant à repenser notre société ? C'est la question qu'entendent poser cette série de conférences et l'ouvrage qui l'accompagne :  nous habitons un monde qui n’a plus de centre.Les cartes familières ne correspondent plus aux réalités que nous vivons, qu’elles soient politiques, économiques ou climatiques. De tous côtés, les hiérarchies et les hégémonies établies – culturelles, épistémologiques, sexuelles, raciales – sont remises en cause. L’idée qu’il existe  des communautés distinctes au sein d’un même État est (re)devenue explosive. Dans ce contexte, qui racontera les histoires particulières et contradictoires des communautés diverses ? Qui a le droit de les raconter ? Quel rôle pour nos musées, et pour les monuments, dans ces tentatives visant à repenser notre société ? Dans sa synthèse audacieuse,  Neil MacGregor explore avec une série d’exemples, à l’échelle mondiale, les  répercussions de ces bouleversements et les stratégies retenues pour faire des musées, et des monuments publics, les activateurs de nouveaux récits mieux adaptés à la complexité de notre société plurielle.

Détails des cinq conférences : 
1. À monde nouveau, musées nouveaux  : des «  contes  » à régler
C’est aussi le passé qui raconte l’avenir  ; préparer le second conduit à poser un regard renouvelé sur le premier. C’est dans les musées et les monuments que les États présentent aux citoyens et au monde l’image de ce qu’ils pensent avoir été et de ce qu’ils souhaitent devenir. Depuis quarante ans, dans le monde entier, les idées reçues d’identité nationale et de hiérarchie globale sont remises en cause – phénomène qui oblige à penser différemment les musées existants, à mettre en perspective leurs missions et leurs discours, ou, même, à construire de nouvelles institutions muséales. Ces nouveaux musées – que ce soit à Varsovie ou à Dakar, à Washington ou à Canberra – ont pour vocation de proposer des histoires nouvelles, de rendre justice aux groupes dont l’histoire aurait été négligée, voire supprimée. Cela pose une question de fond  ; le musée peut-il être à la fois lieu de mémoire et lieu de contestation  ?
 
2. Palais, pouvoir, musée  : les contradictions créatrices du Humboldt Forum à Berlin
Depuis 1945, Varsovie, Vilnius et Berlin ont reconstruit les palais de leurs anciens souverains. Les objectifs étaient identiques, mais les résultats fort différents. Appelé à jouer un rôle de symbole dans la capitale d’une Allemagne nouvellement réunie, la reconstruction de l’ancien palais royal de Berlin incarne dans son architecture et dans ses collections toutes les tensions du XXe  siècle allemand. Comment réconcilier ses façades classiques, où règne le langage décoratif – militaire et triomphaliste – du baroque européen, avec les œuvres africaines, américaines, océaniennes et asiatiques qui y seront exposées  ; la croix dominante, de nouveau présente sur la coupole, avec la notion d’une institution où toutes les religions jouissent d’un respect égal  ?
 
3. Quand la foi entre au musée  : religions et identités
L’Occident laïc considère depuis longtemps la religion comme une affaire privée  ; la foi a repris, dans bien des pays, la place qu’elle détenait au premier plan de la vie politique  : en Russie, en Inde, en Turquie, entre autres, elle est ainsi redevenue un composant incontournable de l’identité nationale ou communautaire. L’Europe entière, où l’immigration a radicalement changé la donne religieuse, peine à trouver une réponse appropriée. Pour les musées dits de société, cela pose des questions épineuses et complexes, notamment pour les musées français, fondés sur le principe d’une laïcité rigoureuse. Les questions soulevées sont nombreuses. Comment présenter le sacré  ? Qui a le droit de l’interpréter  ou peut se donner le droit de le faire? Peut-on admettre au musée des références cultuelles, voire même des actes cultuels en rapport avec les objets exposés  ?
 
4. Passés troubles et troublants  : les musées qui gênent
Si l’on décide de mettre en œuvre cette nouvelle lecture du passé, et de l’imposer, on peut, sans trop grande difficulté matérielle, déboulonner des statues qui ne correspondraient plus à ce nouveau regard sur l’histoire. Les collections alors jugées inconvenantes peuvent être mises en dépôt, exposées dans des contextes différents, voire restituées. Avec les bâtiments des musées, c’est moins facile, surtout lorsqu’ils font partie du patrimoine artistique ou architectural. Que faire donc des musées – en Italie, en Belgique, en France – dont l’architecture même glorifie le fascisme ou l’exploitation coloniale  ? Comment les montrer, les présenter, leur donner un sens nouveau et renouvelé, partagé  ?
 
5. Quels objets, quelles images pour les communautés en devenir  ?
Lorsque le «  nous  » politique change, comment transformer l’image que la société s’offre à elle-même  ? Quel rôle la restitution, parfois même la destruction, peuvent-elles jouer dans ce processus  ? À Singapour, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, on cherche un nouveau répertoire de monuments et d’institutions où pourront se retrouver, réunies, les différentes populations du pays. Pour une communauté supranationale en voie de création, telle l’Europe, est-il possible de repérer des objets, des histoires aptes à conforter une identité commune, à propager une certaine idée de l’Europe  ?
S'identifier pour envoyer des commentaires.